La randonnée Immersion Volcanique traverse l’aire naturelle protégée du Tromen, aussi nous voulions vous présenter cette zone, qui a une très grande importance pour la région en termes de ressources. Et il nous paraît important de partager ces informations d’autant plus que la baisse du niveau des eaux, observable depuis plusieurs années, met grandement en danger la faune et la flore de la région , sans parler de l’élevage.

Mais avant tout chose, qu’est ce qu’ une aire naturelle protégée?

Une aire protégée est « un espace géographique clairement défini, reconnu, dédié et géré au travers de moyens légaux et autres types de moyens efficaces pour assurer la conservation à long terme de la nature, ses écosystèmes et valeurs culturelles associées ». (UICN,2008)

La province de Neuquen compte quinze Aires Naturelles protégées , dont deux sont parcourues pendant les randonnées : le Tromen  et le Domuyo :

 

Informations d’ordre général sur le Tromen

Le Tromen est situé au nord de la province de Neuquén et couvre les départements de Chos Malal et de Pehuenches. Sa superficie est d’environ 30 000 hectares. C’est un parc provincial géré principalement pour la conservation des écosystèmes et à des fins récréatives.

Quels sont les objectifs de conservation du site ?

L’objectif principal de la conservation de l’ANP du Tromen est la protection des oiseaux aquatiques de deux zones particulières : le lac du Tromen et le marécage Los Barros. Il s’agit de 112 espèces, dont 37 aquatiques. D’autres objectifs de conservation comprennent la protection des espèces de faune et flore de la Cordillère des Andes, le maintien de la qualité et du volume des cours d’eau ainsi que la protection et conservation des Colimamil (Arbre en voie d’ extinction, voir paragraphe dédié ci-dessous) et autres espèces en voie de disparition.

De l’importance de la protection du site du Tromen :

Les zones humides comme la zone du Tromen figurent parmi les écosystèmes les plus productifs au monde. Ce sont des nids de diversité biologique qui subviennent aux besoins d’un grand nombre d’oiseaux, mammifères, reptiles, amphibiens, poissons, invertébrés et plantes. Elles sont sources d’eau pour la consommation humaine et animale, pour l’agriculture et l’industrie. Les zones humides établissent le climat local, retiennent les nutriments et rejettent les soufres. Elles nous apportent des ressources naturelles (bois, pêche) et servent de base pour la réalisation d’activités récréatives.

La culture locale est fortement liée à ces aires, elles ont contribué au développement de son identité.

En résumé, la conservation de la zone du Tromen est la clé de la biodiversité locale, des activités humaines telles que l’élevage, l’agriculture et l’industrie, et à la vie en générale dans cette partie de la province de Neuquen, ne sous-estimons pas son importance !

Géomorphologie de la zone et histoire du volcan :

Histoire géologique : Il y a quelques 150 millions d’années, toute l’aire était recouverte par l’océan Pacifique. C’est pourquoi on peut y trouver des fossiles marins (ammonites). L’eau a commencé à se retirer au fur et à mesure que la Cordillère du Vent s’est élevée ; elle a fini de se former il y a 60 millions d’années et fut la première démarcation entre les eaux de l’Atlantique et du Pacifique dans cette région.

Il y a environ 1.8 millions d’années, le volcan Tromen commence à se former et certaines roches actuelles du sommet datent de cette période. Dès lors, l’activité du Tromen continue et les coulées de lave sèche qui dominent le paysage sont le fait des activités les plus récentes. Elles correspondent à des évènements volcaniques distincts : Basalte V (il y a 2000 ans), Basalte VI et Basalte VII (Il y a 500 ans), celui-ci étant le dernier évènement volcanique d’importance notable.

Le volcan Tromen culmine à 4114 mètres.

La faune de l’ANP Tromen, les petites et grandes bêtes qui nous entourent durant la randonnée :

La faune de l’ANP est très riche et variée. Parmi les mammifères on remarque facilement le « tuco tuco », le « piche patagónico », le renard roux et le blaireau. Le principal carnivore de la zone est le puma, dont la population a récemment augmenté et cause parfois des dommages au sein des troupeaux.

Parmis les 112 espèces d’oiseaux, on remarque le majestueux condor, qui traverse la zone à la recherche de charognes pour s’alimenter, mais qui ne s’y arrête pas pour la nidification. Les rapaces les plus abondants sont l’aigle et le nanco.

En danger : Le guanaco habitait le Tromen mais il a disparu il y a plusieurs décennies. Le choique subsiste, bien qu’en faible nombre. Les deux espèces ont été victimes de la chasse non autorisée.

L’ANP Tromen a également été désignée Aire Importante pour la Conservation des Oiseaux (AICA) :

Les oiseaux aquatiques sont la principale raison pour laquelle le site est désigné Ramsar ; entre autres espèces (Canard Cuchara, canard Zambullidor grande, garza bruja) se distingue le cygne à col noir, pour sa taille et sa couleur. Chaque année, environ 500 couples nidifient au lac du Tromen.

Voyages aller-retour… En hiver le lac du Tromen gèle et les oiseaux migrent. Los Barros contiennent certains secteurs qui ne gèlent pas et les oiseaux y restent. Les champions de la migration sont les oiseaux qui nidifient en Amérique du Nord et volent des milliers de kilomètres jusqu’au Tromen chaque année.

La Flore du site du Tromen :

La flore du Tromen est dominée par des steppes pleines d’arbustes et plantes des régions de Patagonie (NOMS) et cordillère des Andes / Haute montagne (NOMS). Au niveau du mont Tromen, les conditions sont plus arides c’est pourquoi les plantes sont de plus petite taille. Le printemps de courte durée oblige aussi les plantes à garantir la pollinisation en développant des couleurs attirantes et des odeurs sucrées.

Focus : Le Colimamil

Son nom n’aide pas à savoir de quoi il s’agit, mais c’ est bien l’arbuste le plus grand du site (Jusqu’à 4 mètres de haut). C’est une espèce exclusive à l’Argentine et au Chili. Le Colimamil a une fonction environnementale très importante : Il sert de refuge à divers animaux, et principalement les oiseaux. Malheureusement, dû à son fort apport calorifère, le Colimamil a été largement utilisé par les population et a maintenant disparu de beaucoup de secteurs.

Quesaco, le Gambarrusa :

Bien qu ‘on le confonde souvent avec une algue, il s’agit d’une plante aquatique. A mesure que l’été avance et que le niveau du lac descend, le gambarrusa prend une teinte rouge sur pratiquement toute sa surface. Il a une grande influence sur la vie du lac. Certains oiseaux l’utilisent comme nid, d’autres comme aliment. De manière surprenante, cette plante présente des cycles de quelques années durant lesquelles elle est présente, ou non. Bien que les causes de ce cycle ne soient pas claires, le Gambarrusa impacte largement l’abondance et la reproduction des oiseaux de la zone. Certaines études ont montré que la présence de cette plante affecte favorablement la transparence de l’eau et la présence de crustacés, qui sont un aliment de base pour beaucoup d’oiseaux (notamment pour les flamands roses).

LE DÉFI AU SOMMET DU VOLCAN

Dans des temps anciens, personne ne se risquait à défier les plus hautes montagnes de Patagonie. La croyance était qu’elles fussent l’habitation de dieux et pour les peuples anciens, les escalader revenait à défier les esprits qui vivent en elles. Une des histoires les plus connues du Tromen est celle d’un prêtre qui, alors qu’il tentait d’escalader le volcan, une effroyable tempête commença, qui l’obligeât à se réfugier dans une grande roche au pied du volcan. Le lendemain matin, après s’être réveillé et remercié d’être toujours vivant, il tailla la pierre qui l’avait protégé de la tempête avec la phrase « Pierre de Julepe » (piedra de Julepe).

QUE FAIT-ON POUR CONSERVER LE TROMEN ?

Avec l’aide de différents organismes, le département des aires naturelles protégées de Neuquen dirige diverses activités de conservation : récupération de graines de Colimamil afin d’étendre les populations de plantes, éducation environnementale, restauration des sites de nidification des oiseaux, suivi de la qualité des eaux, gestion des pâturages (évaluation des pâturages naturels, calcul de productivité pour chacune des fermes).

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